Konichiwa ( bonjour :-) )
Accompagnée de mes trois ados japonisantes, la mienne et ses deux amies du cours de japonais, j'ai fait davantage connaissance avec le Japon.
Les filles, étaient trés à leur aise, habituées qu'elles sont à fréquenter des élèves japonais (à Tours, se trouve le (seul ?) lycée japonais, où étudient des jeunes qui veulent suivre une scolarité en France et en français) grâce aux nombreuses rencontres qu'organisent leur professeur. Rencontres profitables, puisqu'elles sont trés conscientes des différences culturelles qui existent et elles se rendent compte que vivre au Japon, n'est pas si aisé pour une occidentale. Tout ça pour dire qu'elles étaient trés à l'aise, alors que moi un peu moins: si la charmante japonaise qui me parle rigole, c'est qu'elle se fout de ma tronche ou c'est normal ?! Quelques rudiments de psychologie japonaise me paraissants nécessaire, je suis allée trouver Hiroko, la prof des filles. Celle-ci s'est esclaffée pour commencer ( mais c'est une manie chez eux, la rigolade ?! ) et m'a expliquée 2/3 trucs.
L' espace culturel où se déroulait cette rencontre était bien adapté, décoré de plantes et de gigantesques bonsaïs, l'ambiance était trés " O-ba-O". Les lycéens nous ont fait une démonstration de tambours japonais, impressionnants par leur maîtrise et leur concentration. Et des mouflettes trop mignonnes en kimono ont chanté...."Tango, tango" en japonais, c'est quelque chose à entendre. Une petite mignonne d'environ 2 ans, sur la scène appelait sa mère ( oka-san dans le texte) en chouinant, mais n'a pas bougé de sa place, déjà le sens du devoir :-).
Je me suis essayée aux divers ateliers. En calligraphie, j'ai écrit mon prénom en me mettant de l'encre partout avec un pinceau d'au moins 30 cm ( ils n'ont pas encore copié les Bics, les japonais?!) . J'ai testé l'origami avec l'aide d'une lycéenne qui ne parlait pas français, on a baragouiné english et surtout on a pas mal ri comme d'hab, j'ai bien aimé les pliages et retenu des idées pour occuper les enfants de la Petite Maison.
J'ai assisté à la fameuse cérémonie du thé. Dommage qu'on ne nous commentait pas les différentes étapes en nous expliquant leur signification, décrite par moi, ça va sans doute avoir beaucoup moins de symbolique. On nous a proposé d'essayer, je me serai bien proposée mais d'une part je n'étais pas certaine que mes dimettes n'étaient pas filées et je ne voulais pas me coller la honte en me déchaussant devant 150 personnes, et d'autre part, pas sûr que l'état de mes articulations m'ait permis de tenir la position assise sur ses talons de longues minutes. Une adorable japonaise en kimono traditionnel a fait chauffé une théière d'eau sur un minuscule fourneau représentant un chaudron ( électrique, ce sont des japonais, coté technique ils s'y connaissent ). Ensuite ça se complique, faut quand même du temps. Elle verse l'eau chaude dans un bol, le fait tounicoter, et la reverse dans ce qui m'a paru être un mini pot de chambre ( je vous l'avais dit que vous alliez être servies avec la symbolique). Elle essuie le bol avec un linge et recommence: verse l'eau chaude, ajoute deux dés à coudre de thé ( pas des feuilles, plutôt de la poudre), touille le tout avec un ustensile mi-fouet mi-blaireau à raser pour le faire mousser. Elle dépose le bol prés d'elle, et sa copine vient le prendre pour le déposer devant son invitée en s'agenouillant, en saluant en se courbant. Et cette opération se répète autant de fois qu'il y a d'invité. A la fin de la cérémonie, j'ai goûté le thé, qui a l'aspect d'une soupe Royco aux poireaux, presque vert fluo, pas mauvais, un peu amer. En revanche, délicieuses les gourmandises, soja confit je crois, qui l'accompagnent. Il se dégage de cette cérémonie, un petit côté hors du temps trés agréable, j'ai bien apprécié. Je note de m'entraîner à la position, pour jouer convenablement les geishas.
Ensuite j'ai testé l'atelier d'Ikebana. Duraille. On n'a pas le même sens de l'esthétique, les japonais et nous. La personne qui dirigeait l'atelier s'est bien marrée en voyant mon oeuvre, et m'a donnée quelques conseils, mais fallait tout recommencer. Et c'est là que la tête dans les bacs à fleurs, il fallait choisir plusieurs espèces entre les roses, les lys, le mimosa, les iris, des machins à petites boules, des feuillages, que j'ai la connaissance de Marie37, qui habitant à côté était venue me rencontrer (Marie, je te défends de révèler à quoi ressemblait mon bouquet). Je ne sais pas pourquoi mais elle aussi, sans doute par empathie avec les japonais, s'est marrée.
Je ne connaissais rien du tout au Japon, mais j'aime bien ce que je découvre petit à petit. C'est d'une part enrichissant pour moi, mais ça me permet aussi de m'intéresser à ce qu'aime ma fille, . C'est important, à mon avis, pour des parents de ne pas se couper de l'univers de leurs ados ( OK mais son goût pour les lycéens japonais à cheveux long, j'aime moins:-) ). C'était ma minute " comment être un parent pas trop nul :-)"