Le marquage du linge
Le marquage du linge n'avait qu'un rôle pratique, à l'inverse de la broderie ou du chiffrage. Il fallait pouvoir distinguer, lors des grandes lessives au lavoir du village, son propre linge. Voire le soustraire ainsi à la tentation des autres !
Pour marquer le linge, un alphabet trés simple était utilisé, des lettres romaines au point de croix, de 7 points de haut. On brodait ses initiales, et parfois on ajoutait un numéro, pour faciliter le roulement du linge.
La couleur utilisée, le rouge, est symbolique. Tout d'abord la couleur se voyait facilement. Tenace, elle résistait bien aux nombreux lavages qui vont jalonner la vie du linge. C'est aussi la couleur du sang, ce sang qui marque la vie des femmes, et leur linge, tout au long de leur vie: le sang des premières règles de la jeune brodeuse, le sang lors de l'accouchement de la jeune femme. Si les petites filles apprennent le point de marque à l'école, elles commenceront à marquer leur trousseau à la fin de celle-ci, et souvent, au tout début de leur puberté.
Marquer son trousseau, c'est passer de l'état d'enfant à celui de future épouse.
La marque du linge se faisait toujours au même endroit: on brode de manière à avoir la lisière à gauche pour les mouchoirs, les nappes et les serviettes. La patte qui sert à accrocher les torchons se met juste au dessus de la marque. Les draps ordinaires sont marqués au pied, et la lisière à gauche. Pour les taies d'oreiller, c'est sur l'ourlet, à l'arrière.
