Lettre à mon fils

Publié le par Emma

 

Tu passes la porte d'entrée en me jetant un dernier coup d'oeil, histoire de voir si je n'ai pas changé d'avis.

Comme chaque matin, et chaque soir, tu m'as demandé de te faire un mot d'absence, tu n'as pas envie d'aller au lycée. Et chaque jour, je réponds non, que mon rôle de parent c'est de t'envoyer au lycée et que je manquerai à mes devoirs de mère si j'acceptais que tu restes à la maison. Comme chaque matin, j'ai le coeur serré en te voyant partir, les pieds aussi lourds que ton sac de cours et un manque d'enthousiasme évident.

Chaque jour qui passe, cela devient plus difficile, je suis à court d'arguments pour te motiver, que te dire, il faut que tu passes ton bac, que tu ais des diplômes pour avoir une vie agréable ? A longueur de journal télévisé on te prouve le contraire. Que le lycée c'est le meilleur moment dans la vie, que cette insouciance tu ne la retrouvera plus, oui, mais ça, c'est ce qu'on en dit lorsqu'on en est sorti, les années lycées ne sont pas toujours idylliques. Que tu vas retrouver tes copains, oui mais voilà? tu n'en as pas des masses ici,et tu trouves les autres jeunes de ta classe ennuyeux, des boulets comme tu dis. Et puis à quoi bon lier des amitiés, il te reste que 2 semaines de cours et l'année prochaine tu en connaitras d'autres. A quoi bon aller en cours, ton redoublement est quasiment prononcé.

Pourtant, le début de ta scolarité a été un rêve, aucun souci d'apprentissage, un esprit vif et curieux que tous tes instits soulignaient. Tu t'intéressais à tout, ton envie d'apprendre était immense,parfois, nous étions même agacés par tes questions. Nous t'avons emmené partout, de musées en châteaux, tu étais comme une éponge, tu absorbais toutes les informations, l'histoire te passionnait, les mathématiques tu les transformais en jeux d'enfant, le français t'enthousiasmait, tu rédigeais même des poèmes.

Et puis le collège. Les classes se sont succédées, c'était comme dans un ascenseur, quand on regarde le panneaux lumineux des étages: 5°, 4°, 3°, Seconde. Sauf que tu ne montais pas tout seul. Ton père et moi, on t'a poussé, tiré pour te faire avancer, on te porte à bout de bras et toi, tu freine des 4 fers.

Je ne sais pas à quel moment tu as décroché, peut être en cinquième. A partir de cette année là, tu as porté ta scolarité comme une charge trop lourde et tu as commencé à traîner les pieds pour aller en cours.

Les mots dans le carnet, les notes catastrophiques, le manque de motivation évident souligné bulletin après bulletin, un potentiel pas exploité comme on nous dit à longueur d'entretien avec les professeurs.

La faute à qui ? Pas toujours aux profs. Certains ont rapidement décidé que tu étais un fauteur de trouble, pas un de ceux qui mettent le bazar dans une classe, non, toi, tu était juste absent malgré ta présence. Au pire tu prenais un bouquin pour t'évader des cours et on te fichait la paix au fond de la classe.  D'autres ont eu conscience d'une porte pas complètement fermée au fond de toi, plutôt entrebâillée, il suffisait de la pousser et on pouvait y entrer. Ceux là ont réussi à te comprendre, et tu t'es intéressé à leurs cours. Tu n'as pas travaillé non, mais tu as été attentif et tu participais, tes notes étaient même bonnes.

Et nous, chaque jour qui passe, on continue de pousser-tirer. Je ne sais pas jusqu'à quand on pourra continuer à le faire. Chaque soir, c'est la même discussion, que dire à son ado qui vous dit que le lycée l'ennuie profondément mais qui n'a pas de projet alternatif.

C'est notre seule source de reproche à ton encontre, tu es même plutôt agréable à la maison: plein d'humour, d'attentions et même de la presque bonne volonté...alors qu'est ce qui cloche, et surtout comment t'aider ?


Là, je cale, je crois ....

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E
pas facile l'entrée dans l'adolescence. Tu as trouvé des mots pour dire des choses difficiles. Chez nous , c'est notre fille  de 13 ans en 4ème. depuis la 6ème , elle s'ennuie en classe,elle ne voit pas l'intêret de ce qu'elle fait: pour elle savoir lire écrire cest assez. les profs ne se rendent pas compte, quand on leur dit ,ils s'étonnent. . alors d'une année sur l'autre les moyennes baissent  car elle ne travaille pas à la maison.rien ne l'interresse, elle a vu psy , test( pas surdouée mais intelligente:128), on lui demande ce qu'elle veut faire, pas très clair. nous n'avons rien contre une filière courte, du moment que cela lui plaise. mais c'est une lassitude que l'on ressent de sa part: ce n'est pas pour çà que j'aurai envie de travailler..............j'avoue que je suis  perdue et que parfois j'en verse des larmes de ne pas savoir comment m'y prendre
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F
oh Emma! j'étais en train de faire une recherche sur Internet sur le même problème qui te touche. J'ai lu ta lettre et  je me suis assise sur une pierre d'incompréhension.<br />  <br /> <br /> Enfant, Thibault était le premier de sa classe. Il aimait apprendre, découvrir. Quand il est entré en 5°, j'ai eu l'impression que le monde lui tombait sur les épaules. Il s'est affaissé, il s'est emmuré. Il ne nous entendait plus, il ne cherchait plus le contact. Plus il s'enfermait et plus j'étais malheureuse. J'essayais de  l'écouter ,lui parler. Mais rien n'y faisait.  J'ai pris alors, la décision d'attendre qu'il vienne vers moi. Comme un petit chat apeuré qui cherche réconfort, tout en lui disant chaque jour des mots simples: je t'aime et je suis fière de toi.<br />  <br /> <br /> Il a changé non pas par les notes qu'il nous apportait mais par son comportement qui changeait de jour en jour. Il est passé d'un état somnolant à la réalité. Il s'est enfin affirmé en tant que personne à par entier. Il a trouvé un équilibre qui le rassure.<br />  <br /> <br /> Même s'il a fait ce chemin, il n'en reste pas moins que c'est un enfant de 15 ans avec un Qi de 140 et qu'il est toujours en échec scolaire.<br />  <br /> <br />  <br />  <br /> <br /> Je ne sais pas comment l'aider. Lui dire: il faut que tu fasses des études car c'est ta seule chance d'avoir une vie meilleure.<br />  <br /> <br /> Il sait ce qu'il se passe, il entend les chiffres du chômage, il voit ses parents trimer au dépend de leurs santés.<br />  <br /> <br /> Ca n'aide pas.<br />  <br /> <br />  <br />  <br /> <br /> Voilà, juste te dire que j'en suis au même point et que je n'ai toujours pas la réponse. C'est terrifiant, je suis sa mère et je devrais savoir.  J’ai demandé son redoublement en 3° histoire de lui laisser le temps de réfléchir à son orientation et comme ton petit cœur, il ne sait pas ce qu’il veut faire. Il a un an pour y réfléchir et ensuite, il faudra prendre des décisions sur son indécision. Un an suffira t-il pour qu’il choisisse son orientation ? .<br />  <br /> <br /> J’ai peur pour lui car je l’aime.
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D
Salut Emma, j'ai vécut cette expérience, l\\\'ainé qui vient d\\\'avoir 19 ans, son adolescence  une incertitude, il est aller jusqu\\\'en seconde. <br /> Il à tourné le dos aux études et depuis il anime et encadre des enfants a-t\\\'il trouvé sa voie, pour le moment on attend les résultats à la rentrer pour son BATEP, il souhaite faire educateur sportif, se que je lui souhaite.<br /> Il devait redoubler pour aller jusqu\\\'au bac hélas, malgré mon soutient et le temps passé à discuter de son avenir que c\\\'était pour lui et non pour moi, tous les mots, les larmes les trippes de peur qu\\\'il échoue; la douleur est toujours là, elle c\\\'est estompée avec le temps le dialogue évanuie par le manque de réponse.<br /> Il disait que j\\\'était trop stricte,  il a tout quitter et parti vivre chez son père en me laissant là sans un mot le coeur poignardé par son geste de quitter la maison.( divorcée depuis1989,) <br /> Ta lettre ma émue et j\\\'espère que depuis tout va mieu pour toi , écouter son choix ses rêves ses désirs pouvoir l\\\'aider et surtout l\\\'aimer.
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M
Et pourquoi ne pas lui dire OUI une fois, une seule, pour ce billet d'absence du lycée ??? juste pour lui prouver que même des parents peuvent changer, être ouverts, et en "négociant" à l'avance avec lui que la contrepartie de cette journée OFF soit de vous ouvrir son coeur, sans peur ou bien de réfléchir sincèrement à ce qu'il souhaite pour la suite ou à trouver des moyens d'avancer ENSEMBLE <br /> je partage assez l'avis de Silo sur cette histoire de test, juste "SAVOIR", même s'il n'y aucune conséquence matérielles, permet parfois juste de mieux savoir qui on est réellement, de mieux se connaître et ainsi de mieux trouver sa voie<br /> a mi-chemin entre l'enfance et l'âge adulte, l'adolescence est parfois difficile...pour l'ado et pour les parents..bon courage a vous !!!
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M
Et pourquoi tu ne dirais pas OUI une fois une seule à ce billet d'excuse pour ne pas aller un jour au lycée ??? histoire de lui montrer que mêmes des parents peuvent être ouverts, peuvent changer (je ne pense pas que cela remettra en cause votre autorité ou sa scolarité;-)) et en "négociant" à l'avance avec lui que contre cette journée Off il t'ouvre son coeur sans peur du jugement (de ses parents et de sa maman en particulier...) ou  au moins qu'il réflechisse avec sincérité sur ce dont il a envie, sur ce qu'il veut ou ne veut pas, sur ses doutes sur les moyens d'avancer ENSEMBLE, vous et lui....<br /> je suis d'accord avec bcp de choses qui ont été dites et surtout sur "garder le contact" même si parfois pour les ados, c'est justement cela qui les "gonfle"...<br /> quant à le tester ou pas, et LUI qu'est-ce qu'il souhaite  ?? Je partage assez l'avis de Silo, parfois juste SAVOIR, même si cela n'a pas de conséquence concrêtes, c'est déjà beaucoup et permet parfois de mieux se connaître tout simplement<br /> à mi-chemin entre l'enfance et "l'âge adulte", pas facile d'être ado et parent d'ado...<br /> bon courage en tout cas à vous et à voter fils !!
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