Le Printemps des Séries
Voyager à bord d'un Land Rover Séries, c'est redécouvrir l'automobile de nos parents, où l'on parcourait les paysages à 80 à l'heure. Le temps n'a plus d'importance, la vitesse non plus, et on voyage au rythme de son véhicule et des rencontres qu'il permet de faire.
Sur un Land, le moteur ne tourne pas mais il teufteufe, halète,crisse, ahane, couine, grince. Au gré des terrains, chemins ou asphalte, le véhicule bringuebale, balance, se retrouve parfois les fers en l'air mais retombe toujours sur ses pattes et berce ses passagers: j'y ai même fait la sieste.Toutes vitres ouvertes, on distingue les senteurs:choisir tout de même de suivre un véhicule au moteur bien réglé !
Et parcourir les chemins de campagne à 30 à l'heure, entre sous-bois et mosaïques colorées de prairies, jaunes pour les champs de colza, vertes pour celles du blé en herbe, rouges pour les champs fraichement labourés, c'est un réel plaisir. Le passager a le temps de découvrir les violettes sur les bords des chemins, et si la saison s'y prêtait, on pourrait en tendant le bras, cueillir les mûres sur les ronciers. Confiant en son conducteur, l'engin accepte même de monter sur une balançoire, le "tape-cul" de notre enfance.
A l'aise sur les chemins, le Land Rover avale les km sans sourciller. Et si d'aventure, un ennui mécanique survenait, un bouchon de liège, un morceau de fil de fer, un peu de débrouille et il repart. Le Land ne s'use que si on ne s'en sert pas. Il fait le bonheur de son propriétaire, à conditon que celui-ci donne de sa personne et mette la main au cambouis, un Série ça se mérite .
Véhicule d'apparence plutôt virile, pas misogyne pour autant, il s'adapte pas trop mal à une conduite féminine. A condition que celle-ci renonce à une conduite chichiteuse jupe-droite-talons aiguille. Déjà, il faut arriver à y monter, et penser à vérifier son maquillage avant, il ne faut pas compter sur les miroirs de courtoisie. Il faut garder à l'esprit qu'il faudra faire 15 tours de volant avant de convaincre la bête d'aller là où on le désire, et que pour le freinage, il convient de pulvériser, écraser, écrabouiller la pédale de frein quitte à se retrouver en équilibre sur celle-ci. Ces détails mis à part, j'ai pris un plaisir certain à la balade et je compte bien renouveler l'expérience.
Ainsi, nous avons découvert la Champagne berrichonne et les environs de Sancerre. La région est magnifique et en se promène entre les plaines, les vallons et côteaux couverts de vigne et les forêts.
Que l'on soit passionné de Land Rover ou de broderie, c'est la même chose. J'ai retrouvé lors de cette rencontre, les mêmes attitudes que lors d'une réunion de brodeuses: le même plaisir de partager la même passion. On admire les véhicules comme on admire les ouvrages, on s'extasie sur le travail effectué, on échange des astuces ou des pièces pour se dépanner, et chez les Landistes comme chez les brodeuses, il y a les puristes qui scrutent le dessous de l'engin, comme la brodeuse chichiteuse va retourner l'ouvrage pour en vérifier si l'envers vaut l'endroit .
Week-end réussi, et nous comptons bien renouveler l'expérience dés que possible. L'organisation était efficace, et on a bien senti l'ampleur du boulot qu'il y avait derrière. Et j'ai beaucoup apprécié l'ambiance chaleureuse, et pourtant pas convaincue à la base lorsque j'ai accepté de suivre Chéri lors de ce week-end, je dois dire que j'ai changé assez vite d'opinion.
Message personnel, le destinataire se reconnaîtra: puisque la restauration du tien est quasiment finie, on l'a bien vu, il tourne comme une horloge, peut être serait il temps que tu me trouveS un Série rien que pour moi....ah les chemins en duo, qu'est ce que ça doit être bien :-) et chacun le sien !
Des infos et des photos de ce week-end génial sur le forum des Temps des Séries