Premier jour
Premier jour en tant que bénévole. Je pense avoir trouvé ma voie. L'équipe des autres bénévoles est formidable, pas une minute je n'ai eu l'impression d'être la nouvelle de service. On rit beaucoup, histoire de dédramatiser. Nous sommes 3 bénévoles, une salariée de l'association et une représentante du Comité d'aide pour le droit des femmes.
J'ai pris en pleine face des situations pas faciles mais je m'y attendais.
Difficile, la maman, abattue, que j'aide à faire le compte des affaires qu'elle amènent pour son fils: elle n'a pas encore de droit de visite mais elle peut lui faire passer du linge de rechange. On compte les tee-shirts, chaussettes, serviettes de toilettes, tout est bien repassé et sent la Soupline. Elle ne pourra pas me parler, juste me dire c'est dur quand ça vous tombe dessus. Elle ne s'attarde pas et part rapidement. J'ai offert des café, des thés, des petits gâteaux. Une bambinette de 3 ans, la langue pas dans sa poche me réclame des bonbons. Je lui explique que je ne sais pas où ils sont rangés. Elle me prend par la main et m'amène droit au placard, elle connait la maison celle-ci ! J'ai lu des histoires, fait une partie de Margot l'Escargot avec un petit garçon en attendant le retour du parloir de sa mère. J'ai rédigé un courrier administratif, vivement qu'on me demande des lettres d'amour je préfère !, j'ai essayé de faire comprendre à une mère arménienne, qui ne parle pas français, les méandres des modalités d'obtention des droits de visite, selon le cas, prévenu ou condamné. Les femmes sont belles et pomponnées pour rendre visite à leur homme.
Une aprés-midi ordinaire, il faisait beau, les tables et les chaises étaient sorties dans la petite cour. J'attends vendredi prochain.