Trés chères courses...
Avant, au siècle dernier, dans les années 90/2000, faire ses courses c'était facile, et même agréable. Tu virevoltais, légère et gracieuse, (c'est une image hein) de rayon en rayon, toute ébaubie de constater que les industriels ne savaient plus qu'inventer pour te faciliter la tâche en inventant des produits qui faisaient le ménage pour toi, ou pour faire de toi la mère parfaite au moment du goûter lorsque tu servais à tes petits, les gâteaux en forme de dinosaures ou les yaourts au goût de malabar et de carambar. Tu remplissais allègrement ton caddy d'anti-calcaire pour les robinets de la cuisine, d'anti-calcaire pour les robinets de la salle de bain ( c'est pas le même parait-il, c'est vicieux le calcaire), de gâteaux aux 10 vitamines et 56 minéraux, de céréales que si tu les achètes pas, ton môme va bloquer net devant son problème de maths à 10h et tourner mal, voire finir rock star, de plats tout prêts pour te permettre de papoter tranquillou avec tes copines mais au moment du repas de faire illusion, genre j'ai passé deux heures dans ma cuisine pour vous proposer ce hachis parmentier oh mes chéris, prunelles de mes yeux....bref, tu ne t'arrêtais que lorsque la montagne débordant du caddy menaçait de s'écrouler. Même le passage à la caisse n'était pas (trop) douloureux, tu avais dans ton caddy de quoi nourrir à l'aise le XV de France, au cas où ça leur prendrait de venir faire un tour chez toi ( faut dire qu'à l'époque, t'étais jeune et belle, je te rappelle que c'était au siècle dernier).
De nos jours, c'est une toute autre histoire. Rapport au pouvoir d'achat qui dégringole plus vite que notre moral. A moins de s'appeler Cécilia, je ne connais plus personne, jouasse à l'idée d'aller pousser le caddy. Parce que c'est une épreuve, doublée d'un parcours du combattant. Et pour l'affronter, mieux vaut avoir du temps, de la volonté, des nerfs solides et une vue excellente.
Du temps, parce qu'il en faut, pour décrypter les étiquettes.
Parce que maintenant, tu sais que pour ne pas que dans 10 ans tes mômes te fassent un procés parce qu'ils seront obèses voire plus grave, atteints de cancer ou d'hypertension, tu dois éviter les graisses, les matières grasses hydrogénées, les margarines, les sucres, les édulcorants, le sirop de glucose...je ne vois pas bien ce qu'il reste, d'ailleurs. On te rabâche qu'il faut consommer des fruits et légumes, oui, mais il faut faire gaffe aux pesticides, aux traitements aprés récolte et les OGM. Et pour assouvir ton côté fée du logis, là, c'est duraille, rapport que sournoisement, quand tu nettoies ton sol au Monsieur Propre fraïcheur savon de Marseille (pour que ça sente chez toi comme chez ta mamie, qui elle se tapait les sols à la brosse et au savon noir, parce que toi tu veux l'odeur mais pas la position à quattre pattes, enfin ça dépend des moments mais c'est un autre sujet, là on cause sérieux, concentre-toi), en vrai tu empoisonnes tes proches. Pire que si tu habitais dans l'enceinte d'un incinérateur d'ordures. Il te reste donc le vinaigre blanc. Et l'huile de coude.
De la volonté, il t'en faut aussi. Parce que rapport aux prix qui montent, qui montent, même si le chroniqueur qui fait la rubrique sur France Inter le matin nous assène que t'es rien qu'une gourde de penser ça, c'est du re-ssen-ti, qu'il te dit, c'est pas la réalité. A mon avis, c'est souvent madame Sylvestre qui doit pousser le caddy, dans le couple, parce que lui n'a pas mis les pieds dans un supermarché depuis longtemps. De la volonté, il t'en faut pour renoncer aux aliments plaisir qui te font du bien à l'âme mais qui font du mal à ton porte-monnaie. Tu voudrais bien consommer bio, mais impossible, ton banquier n'en a rien à foutre que ce soit meilleur pour ta santé.
Des nerfs solides, tu vas en avoir besoin pour le passage à la caisse. Surtout quand occupée à emballer tes articles, en même temps tu zieutes le montant des courses, et que tu vois que tu as explosé ton budget hebdomadaire alors qu'il reste autant d'articles à compter.
Une vue excellente, c'est l'arme numéro une du consommateur avertie, face aux turpitudes de la grande distribution qui ne sait plus quoi inventer pour te faire cracher au bassinet ce que les fournisseurs Internet ou de téléphone, ou Total et consorts te laissent aprés leurs factures. Déjà, il faut trouver les prix, avant, c'était sur le produit, c'était simple. Maintenant, c'est sur le rayon, et souvent pas en dessous de ton article, sinon ce serait trop facilee, tu penses! Monsieur Carrouf qui sait plus quoi inventer pour nous piquer nos sous, a inventé un truc sidérant....toi, tu vois un article avec une grosse étiquette rouge, ça fait tilt dans ton cerveau pavlovien, ça veut dire promo. Malheureuse, repose cet article ! Chez monsieur Carrouf, ça se passe pas comme ça: la promo c'est pour lui, pas pour toi! Hier, en faisant mes courses, j'ai failli acheter un article étiqueté 3 € en promo ( des fois, moi aussi quand je vois la pastille rouge, je fonce, c'est mal mais je me soigne ), qui en temps normal coûte 2€70. Et je vous passe les promos en lot, plus chères que les articles à l'unité. Et il faut aussi une bonne vue, pour décrypter les erreurs sur le ticket de caisse. Là, c'est le ponpon, va donc te plaindre à la caissière, qui n'en a plus rien à fiche, vu que t'as payé et qui t'expédie à l'accueil, où tu as déjà 20 clients devant toi à qui il arrive la même chose...et tu laisses tomber.
Oui, de nos jours, remplir un caddy me coûte un oeil, et à l'intérieur, je n'ai même plus de quoi nourrir un Chabal s'il passait par chez moi.
Faire ses courses devient un luxe, manger sainement bientôt sera réservé à une frange de la population et se résumera aux bandeaux qui passent à la télé sous chaque pub.
Christine Lagarde, qui met en doute l'enquête de 60 Millions de Conso, est allée faire des courses elle-même, pour nous montrer que , vous voyez bien c'est pas si cher. Dans son caddy: un pack d'eau, du jambon sous vide, deux ou trois articles cités dans l'enquête pour un montant de 15 €. Là, je comprends mieux: il faut avoir fait l'ENA pour arriver à nourrir 4 personnes chaque semaine avec 15 €.
Je sais bien qu'il s'agit là d'enfoncer des portes ouvertes, mais quand même, il faut bien qu'on nous entende, non? :-) Et puis, je ne crains pas les courants d'air !
De nos jours, c'est une toute autre histoire. Rapport au pouvoir d'achat qui dégringole plus vite que notre moral. A moins de s'appeler Cécilia, je ne connais plus personne, jouasse à l'idée d'aller pousser le caddy. Parce que c'est une épreuve, doublée d'un parcours du combattant. Et pour l'affronter, mieux vaut avoir du temps, de la volonté, des nerfs solides et une vue excellente.
Du temps, parce qu'il en faut, pour décrypter les étiquettes.
Parce que maintenant, tu sais que pour ne pas que dans 10 ans tes mômes te fassent un procés parce qu'ils seront obèses voire plus grave, atteints de cancer ou d'hypertension, tu dois éviter les graisses, les matières grasses hydrogénées, les margarines, les sucres, les édulcorants, le sirop de glucose...je ne vois pas bien ce qu'il reste, d'ailleurs. On te rabâche qu'il faut consommer des fruits et légumes, oui, mais il faut faire gaffe aux pesticides, aux traitements aprés récolte et les OGM. Et pour assouvir ton côté fée du logis, là, c'est duraille, rapport que sournoisement, quand tu nettoies ton sol au Monsieur Propre fraïcheur savon de Marseille (pour que ça sente chez toi comme chez ta mamie, qui elle se tapait les sols à la brosse et au savon noir, parce que toi tu veux l'odeur mais pas la position à quattre pattes, enfin ça dépend des moments mais c'est un autre sujet, là on cause sérieux, concentre-toi), en vrai tu empoisonnes tes proches. Pire que si tu habitais dans l'enceinte d'un incinérateur d'ordures. Il te reste donc le vinaigre blanc. Et l'huile de coude.
De la volonté, il t'en faut aussi. Parce que rapport aux prix qui montent, qui montent, même si le chroniqueur qui fait la rubrique sur France Inter le matin nous assène que t'es rien qu'une gourde de penser ça, c'est du re-ssen-ti, qu'il te dit, c'est pas la réalité. A mon avis, c'est souvent madame Sylvestre qui doit pousser le caddy, dans le couple, parce que lui n'a pas mis les pieds dans un supermarché depuis longtemps. De la volonté, il t'en faut pour renoncer aux aliments plaisir qui te font du bien à l'âme mais qui font du mal à ton porte-monnaie. Tu voudrais bien consommer bio, mais impossible, ton banquier n'en a rien à foutre que ce soit meilleur pour ta santé.
Des nerfs solides, tu vas en avoir besoin pour le passage à la caisse. Surtout quand occupée à emballer tes articles, en même temps tu zieutes le montant des courses, et que tu vois que tu as explosé ton budget hebdomadaire alors qu'il reste autant d'articles à compter.
Une vue excellente, c'est l'arme numéro une du consommateur avertie, face aux turpitudes de la grande distribution qui ne sait plus quoi inventer pour te faire cracher au bassinet ce que les fournisseurs Internet ou de téléphone, ou Total et consorts te laissent aprés leurs factures. Déjà, il faut trouver les prix, avant, c'était sur le produit, c'était simple. Maintenant, c'est sur le rayon, et souvent pas en dessous de ton article, sinon ce serait trop facilee, tu penses! Monsieur Carrouf qui sait plus quoi inventer pour nous piquer nos sous, a inventé un truc sidérant....toi, tu vois un article avec une grosse étiquette rouge, ça fait tilt dans ton cerveau pavlovien, ça veut dire promo. Malheureuse, repose cet article ! Chez monsieur Carrouf, ça se passe pas comme ça: la promo c'est pour lui, pas pour toi! Hier, en faisant mes courses, j'ai failli acheter un article étiqueté 3 € en promo ( des fois, moi aussi quand je vois la pastille rouge, je fonce, c'est mal mais je me soigne ), qui en temps normal coûte 2€70. Et je vous passe les promos en lot, plus chères que les articles à l'unité. Et il faut aussi une bonne vue, pour décrypter les erreurs sur le ticket de caisse. Là, c'est le ponpon, va donc te plaindre à la caissière, qui n'en a plus rien à fiche, vu que t'as payé et qui t'expédie à l'accueil, où tu as déjà 20 clients devant toi à qui il arrive la même chose...et tu laisses tomber.
Oui, de nos jours, remplir un caddy me coûte un oeil, et à l'intérieur, je n'ai même plus de quoi nourrir un Chabal s'il passait par chez moi.
Faire ses courses devient un luxe, manger sainement bientôt sera réservé à une frange de la population et se résumera aux bandeaux qui passent à la télé sous chaque pub.
Christine Lagarde, qui met en doute l'enquête de 60 Millions de Conso, est allée faire des courses elle-même, pour nous montrer que , vous voyez bien c'est pas si cher. Dans son caddy: un pack d'eau, du jambon sous vide, deux ou trois articles cités dans l'enquête pour un montant de 15 €. Là, je comprends mieux: il faut avoir fait l'ENA pour arriver à nourrir 4 personnes chaque semaine avec 15 €.
Je sais bien qu'il s'agit là d'enfoncer des portes ouvertes, mais quand même, il faut bien qu'on nous entende, non? :-) Et puis, je ne crains pas les courants d'air !
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