J -5
Il y a quand même eu des périodes où j'ai aimé Noel. 
Les Noël de mon enfance.
Nous partions la veille chez ma tante où nous retrouvions le reste de la famille. Le 24, tous ensemble dans la cuisine, chacun mettait la main à la pâte pour tartiner les derniers toasts, ou chaudement vêtus, l'autan, celui dont Nougaro dit qu'il rend les gens fous, souffle toujours dans ce coin, nous allions faire les dernières courses sur le marché de Revel pour choisir les huitres, la dinde ou la bûche.
Le réveillon, puis les cadeaux ouverts au matin tous en pyjama autour du sapin, à nouveau le repas puis la promenade traditionnelle autour du lac de St Férreol où on essaie le vélo reçu, les patins à roulettes, ou la trottinette selon la mode du moment.
Mon premier Noel à deux.
Nous avons fait notre premier sapin, nous n'habitions ensemble que depuis quelques mois.
Nos Noël de parents.
Le sapin décoré pas du tout esprit de déco Marie-Claire Idée mais avec toutes les boules et guirlandes. Il fallait tout mettre, tant pis pour l'harmonie des couleurs, et on ne voyait plus du tout le sapin. Résonnent encore dans mes oreilles, les cris de joie à chaque nouvelle décoration sortie du carton.
Et les bêtises parfois: Miss qui croque avec délices dans une superbe boule rouge...sans bobo heureusement. Ou une autre fois, la chienne, bébé elle aussi, qui attrape un bout de guirlande et qui s'enfuit avec, tout le sapin à ses trousses.
L'idée de voir l' émerveillement des enfants qui découvrent la bouche ouverte d'étonnement les dizaines de cadeaux au pied du sapin, me faisait affronter la cohue des grands magasins, quitte à faire des dizaines de km pour trouver dans une autre ville la Batmobile en rupture de stock. Réveillés, nous attendions avec bonheur d'entendre le premier des enfants qui se réveillera, la porte de sa chambre ouverte à la volée, les petits pieds qui galopent dans le couloir. Le premier allait toujours réveiller son frère ou sa soeur, il fallait être 2 pour affronter ce moment et puis on sait jamais, le père Noël était peut être encore là, à 2 on est plus courageux. La porte du salon qui claque, ils sont là les cadeaux....2 petites tornades surexcitées qui sautent sur notre lit, nous enjoignant de nous lever vite, vite, il faut ouvrir les cadeaux.
Plus tard, pas si bêtes, les enfants commencent à douter de l'existence du Père Noël. A tour de rôle durant 2 années, ils ont demandé à dormir sur le canapé, histoire de voir le Père Noël quand il viendrait déposer les cadeaux. Le sommeil ayant toujours le dernier mot, ils n'ont jamais rien vu du tout.
Et nos Noël loin de chez nous, lorsque nous habitions St Pierre et Miquelon.
Nous y avons découvert d'autres traditions, plus canadiennes que françaises. Noël y a une dimension beaucoup plus religieuse qu'ici. Les premières maisons décorées, nous les avons vu là-bas, les chants de Noel omniprésents, et la débrouille pour nous concocter un réveillon avec les quelques produits bien de chez nous peu courants là-bas. Le foie gras envoyé en douce de France, histoire de tromper les sourcilleux douaniers canadiens.
Un voyage épique à Terre-Neuve, j'ai fait ma prière tout le long des quelques 20 km et j'ai regretté d'avoir vu le film Titanic, sur une vedette de le Gendarmerie Royale du Canada, pour acheter les premiers Furby ou les premiers Pokémons, introuvables encore en France et d'autant moins sur notre île .
Et puis, et puis... je ne me souviens plus de tous les Noël hélas.
Et vous, votre Noël le plus marquant ou le plus émouvant, c'était lequel ?