Samedi 23 juin 2007
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12:43
Comme à mon habitude, je m'admire l'ombilic, me scrute le nombril et me pose des questions existentielles, sur le sens de ma vie, le temps qu'il fera au mois
de juillet, si cet été je serai tongs ou spartiates, ou si, enfin, ma crise de la quarantaine va se déclarer.
Ma quarantaine, c'est pas là, tout de suite, je le sais bien, il me reste deux bons mois, mais je me prépare pour le matin, où, au réveil, ça va me tomber dessus, voilà MA, tu n'as
plus le choix, tu as 40 ans. Tu n'as rien vu venir, c'est toujours comme ça, elles te le disent toutes tes copines qui ont passé le cap.
Oui, mais voilà, les 40 ans, ok, mais la crise, elle est où, la crise de la quarantaine?!
Parce que franchement, de vous à moi, je suis plutôt contente d'avoir 40 ans, d'avoir évacuer un certain nombre d'angoisse, de frein, en bref, d'être mieux dans ma peau de bientôt
quarantenaire que de trentenaire, même si mes seins se tenaient mieux, les saligauds.
Y a bien des rides en plus, mais aussi des kilos en moins, donc ça équilibre. Une fois qu'on a compris que les minis passées 18 ans, ça fait pétasse, que les jeans slims ne conviennent pas à
notre genre de beauté :-), qu'on se fiche de l'opinion des vendeuses dans les boutiques, on s'en sort beaucoup mieux, côté physique. On sait enfin ce qui nous va, et mieux, ce qui ne nous va
pas.
On est sortie avec soulagement du duo varicelle-couches-culotte. Je fais mon coming-out de mère indigne, autant j'aime les bébés, autant les premières années m'ont moins emballé. On
a, enfin, en face de soi des personnes douées d'un langage (presque) intelligible, avec qui je peux même échanger de menus propos agréables (t'as fini tes devoirs, arrête ton
ordinateur, baisse le son, mets le couvert, passe l'aspirateur), autre que la lecture de Petits Ours Brun (oui, je sais, maintenant c'est plutôt Dora l'exploratrice mais c'est pour vous situer
l'époque), la récitation de la table de 8, ou les crêpages de chignon de la cour de récré, qu'il faut écouter sans montrer qu'on s'ennuie, au risque que vos bambins ne mettent le feu à la voiture
des voisins pour attirer votre attention.
Bon, il y a bien la crise d'adolescence incontournable. Faut dire que nous les parents on s'en inquiète tôt, et à la moindre porte qui claque à 8 ans, on s'effondre en se disant que ça y est,
catastrophe, ils entrent dans la pré-adolescence, on va déguster. Du coup, les ados, pour une fois, se conforment au désir parental, et nous la jouent ados rebelles comme décrit dans
les manuels psy. Du moins, les miens, qui jouent à être des ados comme on s'attend qu'ils soient. Des clichés d'ados, quoi. Rebelles, mais pas trop, parce que quand même on n'est pas si mal
chez papa-maman, et qu'il est encore un peu tôt pour se frotter au monde des adultes. Mais quand même, ils me font tout autant fondre d'amour que lorsqu'ils étaient bébés.
Et l'amour dans tout ça? Moi, j'ai fait simple, j'ai gardé le même homme qu'à vingt ans. De ce côté là non plus, y'a rien à attendre de la crise de la quarantaine, je ne compte pas changer
d'amoureux, et je signe pour un nouveau bail longue durée. Et puis, faut s'appeller Demi Moore, pour trouver un nouvel amoureux plus jeune de vingt ans.
Même en amitié, on a progressé. On ne cherche plus à se faire apprécier de tout le monde, on a des amis fidèles qui vous acceptent avec vos défauts, et votre phobie du téléphone, et pour
lesquels on s'efforce être toujours disponible et à l'écoute lorsqu'ils ont besoin de vous.
Mais alors, si à 40 ans, on n'a pas envie de changer de physique, ni d'enfants, ni d'homme, ni d'amis, qu'est ce qui va transformer ma vie ?
Je m'interroge toujours...
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