Questionnaire

Publié le par Emma

J'attrape ce questionnaire au vol sur le blog de Thé Russe et Petits Points et je m'y colle.

Il s'agit de remonter le temps, et de nous raconter, en ne retenant que les années terminées par 2 ou 7.

1967: L'année de ma naissance, à Toulouse.

1972: Pas grand chose à en dire, je grandis parfaitement heureuse entre mes parents et un frère plus âgé que moi de 9 ans.

1977: J'ai 10 ans, nous déménageons dans une maison, toujours à Toulouse, j'ai un chien, des cochons d'Inde et un lapin. Mon frère s'est marié et a quitté la maison, donc je grandis en "fille unique" Déjà, la lecture est mon refuge préféré, je suis bonne élève et j'aime bien l'école. Sur les murs de ma chambre, des posters de chevaux. Plus tard, je veux être chirurgienne ou avocate.

1982: Je ne le sais pas encore, mais je vis la dernière année de mon enfance insouciante. L'année prochaine, mon père va mourir, à la suite de l'échec d'une greffe cardiaque, aprés un infarctus, il avait 48 ans et moi 15. De 1981, je me souviens de l'élection présidentielle, et de la joie de mon père, à la victoire de François Mitterand. Je suis au collège, toujours bonne élève, et au retour de l'école, ma mère guette mon retour à la fenêtre, je revois encore sa silhouette derrière la vitre. Plus tard, je veux être avocate et ne dépendre de personne.

1987: Je poursuis mes études en fac de droit. Je galère un peu mais Toulouse est une ville agréable pour les étudiants. J'ai eu mon Bac l'année dernière. Notre vie, à ma mère et moi, a bien changé depuis la mort de mon père. Celle-ci se retrouve sans ressources, et n'arrive pas à surmonter le deuil de mon père. Vaille que vaille, elle lutte pour m'élever. Pas question donc pour moi de me permettre une crise d'ado, histoire de ne pas lui rajouter de poids sur les épaules. Aprés le collège, ma mère s'est démenée pour me faire admettre dans le meilleur lycée de Toulouse, je ne m'y plais pas, mais je bosse. Je veux toujours être avocate plus tard et toujours ne dépendre de personne. Je lis toujours, mais j'ai renoncé à l'équitation, luxe qu'on ne peut plus se permettre, les chevaux me manquent.

1992: Ma vie a radicalement changé durant ces 5 années. Je suis mariée, maman de deux bambins de 2 et 1 ans. J'habite Châtellerault, et je reste à la maison pour élever mes enfants. Retour sur ces années: mes années de fac ont été difficiles, et s'ajoute à cela, une crise d'ado tardive, aprés un échec à mon examen, j'hésite à le retenter ou à tout laisser tomber. Au même moment, je rencontre mon amoureux, en lisant un livre, assise sur un banc public, les livres ont toujours eu un rôle important dans ma vie! 15 jours aprés, nous signons notre certificat de concubinage ( me voilà concubine,je déteste ce nom affreux) à la mairie de Limoges, formalité obligatoire pour que je puisse vivre chez lui, en caserne. Je nage en plein bonheur, et enfin, je me pose, aprés des années difficiles. J'ai eu beaucoup de mal à quitter ma mère, elle n'était pas favorable à ma volonté d'abandonner mes études. Le cordon n'est toujours pas coupé, nous nous téléphonons plusieurs fois par jour. Je découvre les joies de la vie en couple, et plutôt difficilement celles du quotidien: je ne sais ni faire le ménage, ni cuisiner, ni repasser -). Nous nous sommes mariés 9 mois aprés notre rencontre en 1989, Fils Aimé est né en 1990, sa soeur en 1991. A la naissance de mon fils, s'est imposé comme une évidence le fait que je resterai à la maison pour l'élever. Mais de temps en temps, je pense, sans trop de regrets réellement, à la carrière que j'avais envisagé. Rien à voir avec ma vie mais je me dis que mes acquis ne sont pas perdus et qu'un jour peut-être... Nous avons quitté Limoges pour Châtellerault. Je lis toujours autant, seule différence, j'emmène mes bébés à la bibliothèque choisir nos livres ensemble. J'ai repris l'équitation, avec un vrai bonheur, et j'ai commencé la broderie.

1997: Nous habitons un petit village paumé en Creuse, les enfants grandissent tranquillement et en toute liberté. Ma mère a succombé à un cancer du sein en 1996. Epreuve terrible. Sa mort me projette dans un nouveau statut. Je ne suis plus l'enfant de personne, et je passe au statut d'adulte, il me semble que ni le mariage ni la maternité n'avait provoqué ce changement en moi, mais bien la mort de ma mère.  Nous préparons notre prochaine mutation pour St Pierre et Miquelon, en 1998, cet éloignement était impossible à envisager auparavant, je ne pensais pas pouvoir vivre aussi loin de ma mère.

2002: Les enfants ont 12 et 10 ans. Pas que des trés bons souvenirs de notre séjour à St Pierre et Miquelon, mais la vie continue. Nous sommes rentrés en métropole en 2000 et habitons maintenant en Touraine. Mais nous préparons notre prochain déménagement pour l'Eure-et-Loir. L'année prochaine, je vais enfin réaliser un vieux rêve de gamine, j'aurai mon propre cheval, rêve que je partage désormais avec ma fille.

2007: Nous voici de retour en Touraine. Je fêterai cette année mes 40 ans, je ne sais pas encore si ce sera une année de changement. Ma vie évolue tranquillement, je commence à réfléchir à ma vie " d'aprés", c'est à dire ma vie sans les enfants. Les ados ont 17 et 15 ans, il y a des hauts et des bas. J'ai dû faire un travail sur moi-même lorsque ma fille a eu elle-même 15 ans, mon âge lorsque mon père est mort, difficile de me persuader que l'histoire familiale ne se répètera pas mais j'y arrive peu à peu. L'année prochaine, mon amoureux et moi fêterons nos 20 ans de mariage, je songe à une façon de confirmer les engagements que nous avions pris lors de la cérémonie, histoire de dire aussi que je compte bien signer pour encore bien des années. Evidemment, les ados sont contre, ils ont peur qu'on leur colle la honte avec nos trucs cucul-la-praline à mort, mais tant pis, ils y auront droit tout de même. Et je me dis aussi que de nos jours, on peut avoir plusieurs vies dans une seule et qu'il est temps peut-être de passer à autre chose.

40 ans, c'est peut-être l'âge de se retourner sur son parcours, ce que je viens de faire :-))

Edition: M'enfin, ma vie c'est pas les Misérables tout de même, et je ne suis pas Cosette , vous voulez bien arrêter de renifler, ou en plus faut que je fournisse les kleenex :-))?

Argone, à ta demande, je te passe le relais :-)

Publié dans Pêle Mêle

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Castafiora 15/03/2007 23:21

Amie de Mellow (grâce au net) - 60 ans aux premières fraises - Tu racontes ton histoire avec beaucoup de pudeur et de retenue. C'est très beau, très touchant, ça donne envie de te connaître, de continuer à te suivre...... La vie continue, j'ai bientôt 60 ans mais j'ai aussi 12 ans et 15 ans...... et j'ai également l'âge de Mellow et le tien, j'ai tous les âges....... comme un éventail...... A bientôt ! Les cheveaux me touchent aussi beaucoup : leur puissance, leur beauté et leur fragilité. Il m'arrive d'avoir les larmes aux yeux quand je vois une belle émission sur eux sur "Animaux", "Equidia" ou toute autre chaîne..... Je ne les connais pas mais je les aime et je suis en admiration devant eux.

Mellow 10/03/2007 00:28

Ma mère m'a toujours dit que la vie d'une femme commençait à 40 ans. Je te souhaite plein de belles choses à venir.

Caroline 03/03/2007 15:43

Bravo pour cette tranche de vie bien racontée. C'est touchant de lire des choses très personnelles d'une personne que l'on vient lire de temps en temps ... Je te souhaite tout le meilleur pour les années à venir !
Caroline

DominiquE 27/02/2007 12:52

Ta vie n'a pas été facile tous les jours. Mais à 40 ans, tu as encore de belles années devant toi... Profites-en. DominiquE

Tina-Lilikiwi 27/02/2007 10:43

Ta vie n'est pas un long fleuve tranquille........Toi qui aimes tant lire, connais tu Boris Cyrulnik et ses livres sur la résilience ? Passionnant !Tu sais que ma fille a l'âge de la tienne ? ça va, toi ? On se cramponne !BisesTina