Je m'interroge

Publié le par Emma

Au cours d'une conversation, les ados m'ont confié qu'ils avaient mal vécu, lors de leur arrivée dans leur nouvel établissement scolaire il y a 6 mois, le moment de la "présentation" obligée face à leur classe. Ils ne m'en avaient jamais parlé auparavant, sans doute pour m'éviter des angoisses supplémentaires. Mais en entendant cela, est revenue au galop mon amie fidèle, qui accompagne souvent mes pas, surtout mes faux-pas !, la culpabilité. Je ne dois pas être la seule, la culpabilité est livrée d'origine avec la panoplie de la mère de famille, en même temps que les bras pour les câlins, les kleenex pour moucher les nez, et les sparadraps pour les genoux couronnés.
Je m'interroge donc, avons nous le droit, nous parents d'imposer à nos enfants nos choix de vie? Ils ont changé à de nombreuses reprises de maison, d'école, de copains, etait ce le bon choix ou était ce une erreur ? Mon plus mauvais souvenir reste l'entrée en 5° de Fils Aimé: on venait d'arriver et il faisait sa rentrée dans son nouvel établissement. Je l'ai accompagné à la porte, l'ai regardé partir ...et faire demi-tour et venir me dire qu'il n'y arriverait pas. J'ai dû le remettre dans le bon sens, et d'une poussée dans le dos, l'envoyer rejoindre ses futurs copains. Qu'il s'est fait trés vite d'ailleurs, mais le souvenir  de son angoisse demeure. Depuis, les rentrées successives se sont bien passées heureusement.
Certes, le fait de devoir se réhabituer souvent à un nouvel environnement a développé en eux des capacités d'adaptation, mais les a aussi privé d'autres souvenirs d'enfance: d'avoir des racines dans un endroit, des amis d'enfance qu'on garde des années. Cela leur manquera t il dans leur vie future? Peut-être...

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Anne (gerdel) 02/09/2006 12:52

Ma toute petite enfance est passé sans trop de souvenirs. Par contre, adolescente, on devait changer régulièrement d'écoles, d'une année à l'autre, pour des questions de politique gouvernementale. Cela m'a déracinée.
Oui, le tout peut être source d'angoisse. Je me suis finalement fait un réseau d'amis une fois implantée sur le plan professionnel, à une adresse fixe.
Maintenant, on ne bouge plus en raison des enfants. C'est là un choix famililal. Voilà tout.
Mais je ne crois pas qu'on doive parler d'erreurs. Ce sont des choix de vie.  Alors, il faut surtout pas se culpabiliser. Il faut s'adapter, avec ses facilités comme ses difficultés.

Shantti 31/08/2006 17:42

Pour ne pas t'affliger je ne te dirais rien de mon ressenti de petite fille balottée deci delà, de ma scolarité au fil d'une 20aine d'ecoles...Ceci étant,je n'ai eu aucun soutien d'aucune sorte et je crois que pour tes enfants c'est plutôt l'inverse. Je pense vraiment que ça fera pencher  la balance du bon coté;-)

Mimisamba(33) 31/08/2006 15:53

...et je précise que ma fille de 10 ans 1/2 s'appelle Emma... il n'y a pas de hasard !
Mimi

Mimisamba(33) 31/08/2006 15:39

Je suis fille de militaire et mon enfance s'est déroulée d'un carton de déménagement à l'autre. 2 ans entre chaque mutation, une vie sans racines, des copains de passage. Résultat, une vie personnelle de voyages... je ne suis de nulle part, je ne me sens de nulle part.

Depuis 7 ans ma petite famille a enfin posé son sac en Gironde après 20 ans dans l'arc antillais (entre autre). Pendant ces dernières années, j'ai bien apprécié la France que je connaissais peu, et puis les enfants étaient bébés et avaient besoin de stabilité. Mais maintenant, je rêve de repartir, ça me ronge, me frustre, je continue à vivre dans les "valises qui se trouvent dans ma tête", toujours à l'affût de l'opportunité qui nous emmènera ailleurs. Je ne suis bien nulle part, je suis bien partout. Mais il ne faut pas que ça dure trop longtemps,sinon je piaffe, je déprime, je rêve de carton de déménagement !!!!!

Ma maison me ressemble, de bric et de broc, que des bricoles, des petits objets souvenirs auxquels je suis attachée, surtout pas d'armoire normande, ni rien qui pèse.

Hélas mon mari qui a eu un parcours sensiblement semblable (fils de militaire lui aussi) est heureux dans sa vie professionnelle, se plait en Gironde et ne veut plus partir, même s'il a les compétences pour postuler à un poste à l'étranger..... Je le tane à le faire. Je rêve de Nouvelle Zélande, d'une autre langue, d'un pays neuf !.... Il prétexte la sécurité, les enfants... bref, je trouve ça dur mais c'est comme ça. Dans une autre vie je voudrais être Alexandra David Neel ou une pionnière !.....

Non, je n'ai jamais souffert de mon enfance, ni de ma jeunesse, bien au contraire, j'ai adoré cette vie, cependant mes soeurs, elles ont un jour dit à maman que "jamais elles ne feraient vivre la même chose à leurs propres enfants !..." Ca dépend des caractères et de la fragilité de chacun.

J'élève mes enfants dans un certain mépris de la consommation et de la possession mais eux ont vécu leur enfance ici, leurs copains sont les mêmes depuis 7 ans, ils aiment leur univers, leur chambre, leurs habitudes... Leurs rêves ne sont pas les miens et si on le leur demande, c'est sûr, ils ne veulent pas partir ailleurs....

Mais si nous le faisions, de ma part, ce serait sans culpabilité aucune avec le désir de leur ouvrir les yeux sur le monde. Bouger, voyager, découvrir les autres gens, parfois même les autres cultures, c'est une inestimable richesse qui apprend le respect et la tolérance. C'est aussi l'avenir pour beaucoup d'entre eux.

Pour l'avoir vécu, je sais que les enfants s'adaptent plutôt bien en général, si les parents sont heureux ils le seront, mais leur personnalité entre forcément en ligne de compte bien sûr. Mes loulous, adoptés au Brésil on un grand besoin de repères, de papis-mamies, (le mot tata est prononcé avec jubilation par eux), de racines plantées quelque part, alors que je suis profondément restée un pigeon voyageur.

C'est sûr, lorsque je vais chercher les enfants chez leurs copains, je sens le poids des traditions familiales, des aieux, des racines, je vois les meubles de famille et je sais que le jugement porté sur nous est sans appel. Pas fréquentable et d'ailleurs nous ne fréquentons pas beaucoup de monde. Trop atypiques !.... Mais notre vie a été (et sera je l'espère encore) pleine de curiosité pour les autres, d'ouverture d'esprit pour nos enfants et pour ceux dont la route croise la nôtre. A parents ouverts, enfants ouverts, je pense.

Les enfants ont toute leur vie pour se créer leurs propres racines, s'ils le souhaitent vraiment et pour choisir la vie qu'ils auront envie de vivre et dans laquelle ils seront bien. A eux de faire de leur enfance un atout !
Bises
Mimi (très bavarde sur le sujet !....)

kristine 31/08/2006 15:15

je te comprends fort bien , meme si mon mari "bouge" un peu moins que le tien. je crois que ce qui est surtout important c'est que les enfants aient un port d'attache, qui plus qu'un lieu soit leur famille.
je sais qu'avec 5 enfants, quand ils vont partir ils vont probablement s'éparpiller mais je ce que je souhaiterais créer pour eux c'est un lieu de coeur. qu'ils puissent revenir "à la maison" ou plutot "à leur famille"
je t'embrasse