Vous reviez de tout savoir de la vie d'Emma

Publié le par Emma

La Vie D'Emma
par Emma


   Les cheminées fumantes enveloppaient Chartres d'une brume artificielle, et firent tousser Jules. Celui-ci sourit, sans trop savoir pourquoi, à une vieille dame qu'il croisait. Il leva la tête, rêveur, et observa les nuages... celui-ci ressemblait à une rose. Celui-là à un coeur... Après avoir longtemps marché, il arriva enfin devant la maison.

   Il chercha alors ses clefs, mais s'aperçut que sa poche était vide. Il réalisa alors que celle-ci était percée. Il se frappa le front: comment allait-il entrer chez lui? Après avoir passé en revue les différentes possibilités, il décida de rentrer par la fenêtre entrouverte. Il jeta un coup d'oeil rapide alentour, passa une jambe, puis l'autre, et se retrouva dans la cuisine. Soudain, la lumière s'alluma...
   - C'est toi? Que fais-tu là? Pourquoi tu n'as pas sonné?
   Emma était là, debout sur le pas de la porte de la cuisine, et tenait dressée au-dessus d'elle une poêle à frire.
   - Et toi? Répondit Jules. Je ne pouvais pas savoir que tu étais là!
   Le visage de Emma se radoucit. Elle posa la poêle et sourit:
   - Je n'avais pas de travail, aujourd'hui.
   Elle était sublime. Ses yeux, sa bouche, tout s'éclairait chez elle.
   - Viens, dit-elle.
   Arrivé au salon, Jules s'assit dans un fauteuil et soupira.
   Il ferma les yeux, et bailla.
   - Viens sur mes genoux, dit-il à Emma. Je vais te raconter quelque chose.
   Celle-ci obtempera, et fit comme si elle ne se doutait de rien. Mais elle savait exactement ce qui allait se passer. D'ailleurs, elle ne fut pas sitôt près de lui qu'il la serra dans ses bras et se mit à l'embrasser fougueusement. Peu après, elle le regarda et lança:
   - Tu es tellement prévisible que tu en es touchant!
   - Ah oui? Fit Jules. Ça, c'est ce que tu crois. Car j'ai la preuve du contraire.
   - J'aimerais bien voir ça!
   - Viens, je vais te le dire en secret... dit-il.
   Mais Emma, pas dupe, se jeta sur lui avant qu'il n'ait eu le temps de tenter quoi que ce soit, et l'embrassa à son tour.
   Ils se regardèrent. Jules approcha sa bouche de l'oreille de Emma et chuchota:
   - Je t'aime...
   Bien sûr, il lui avait déjà dit qu'il l'aimait. Bien sûr, il lui avait dit des milliers de fois. Mais ce sentiment était toujours le même. Il voulut le lui dire.  
   - Nous nous connaissons depuis tant d'années... tu as tellement changé, depuis... et puis non, tu n'as pas tellement changé. Et je n'ai jamais eu d'autre amour que le tiens.
   - Voyons... tu vas me faire rougir, murmura Emma.
   - Pourquoi? S'écria-t-il. Tu es la personne la plus épanouie que je n'ai jamais connue! La plus épanouie de tout Chartres! Les gens ne t'arrivent pas à la cheville.
   - Mais et toi, tu es si baroudeur...
   - Cela n'est rien à côté de toi. Lorsque je t'embrasse, j'ai l'impression que je m'envole. Quand je te quitte, j'ai l'impression que mon coeur se fait piétiner par un féroce Echo, ou transpercer par mille lances empoisonnées.
   - Mais toi aussi, Jules, tu as beaucoup de qualités...
   - Embrassons-nous encore... souffla Jules.
   Ils s'embrassèrent donc. Au loin, on entendait ''Je Chante Un Baiser'' de Alain Souchon. D'où cela venait-il? Quelle importance, du moment que c'était là. Bientôt, la musique, l'amour, les entraînèrent dans un tourbillon sans fin. Il n'y avait plus de plafond, plus de mur. Chartres était loin. Ils virent passer un tilleul, au dessous d'eux. Puis deux. Maintenant, ils étaient sur la mer. Ils frissonnèrent... était-ce le vent qui s'était levé et qui faisait frémir un peu leur peau? Quelques nuages voilèrent le ciel. A mesure que les notes s'envolaient, la musique devenait de plus en plus belle, et le ciel de plus en plus gris. On se serait cru dans un tableau de Dali. Des larmes de joie dans la voix, la musique jouait. Quelques gouttelettes de pluie vinrent alors troubler cet océan, tels des pizzicatos que le vent sifflant emportait au loin avant de les renvoyer à la figure des amoureux. Après quelques instants les gouttes grossirent, s'écrasant lourdement sur la surface de l'eau. Emma, que la folie saisissait, se voyait aimer au milieu des éclairs... Plus la musique jouait plus le temps s'agitait, plus le ciel s'assombrissait, plus les vagues grandissaient, se brisant bientôt contre leurs pieds dans une explosion d'écume crépitante, poussées par des bourrasques assassines... leur baiser dansait sur cet air tourmenté, cet océan symphonique, cet opéra dramatique, les vagues étaient à présent immenses et la pluie tranchait le ciel plus sombre que la plus noire des nuits, c'était affreusement grand et terriblement beau, si beau que ça faisait mal, la musique hurlait sa douleur, de plus en plus fort, les notes tourbillonnaient, le vent devenait tornade, les vagues devenaient rouleaux, les amants tournoyaient, autour de leurs bouches, autour de leurs mains... et tout s'arrêta soudain.
   - Je ressens les mêmes choses qu'à notre mariage, dit Emma.
   - C'est étrange, moi aussi! Sourit Jules.
   Ils discutèrent toute la nuit. Ils parlaient de tout, de rien.
   - Tu sais, c'est drôle, dit Emma, car hier matin, César a tenté de me séduire.
   - Non, c'est vrai?
   - Oui, et comme je lui disais que c'était toi, l'amour de ma vie, il m'a répondu que je perdais mon temps et que je serais bien plus heureuse avec lui.
   - Ça ne m'étonne pas de lui, il a toujours essayé de gâcher ma vie privée.
   - Heureusement je lui ai dit ceci: ''Le jour où tu seras un tant soit peu civilisé, mon petit bonhomme, tu apprendras que mon Jules est plus sublime que n'importe qui. Et tu ne lui arrives pas à la cheville.''

   Puis ils se promirent de s'aimer éternellement, et l'éternité commença pour eux.

Pas mal hein ?!!..mais pas de moi..c'était une joke. Merci à Delphine de m'avoir fait découvrir le Générateur de Mots d'Amour et le Narcissotron, elle ne peut imaginer à quel point elle a illuminé mon apres-midi grisouilleux :-) Et le rire me convient mieux que la colère ...

Publié dans Pêle Mêle

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sandra du mans 15/02/2006 19:12

c'est délire ce truc, j'adore, j'adhère, je veux, je prends..........;
Bises rillettes riantes du Mans
sandra

Emma 15/02/2006 19:30

C'est bien pour ça que je vous refile l'adresse pour que vous testiez aussi, c'est vraiment drôle le Narcissotron !

sylvie 15/02/2006 18:34

Dis donc tu ne t'arrêtes plus !!!
 

damouredo 15/02/2006 18:20

C'est qui ce Jules, je croyais que ton mari s'appelait D ?
Super ce truc ! Je sens que je vais m'éclater aussi avec. Et pourquoi pas faire un concours avec ?

Emma 15/02/2006 19:29

Oui mais Jules c'est plus rigolo :-)
Pourquoi pas le concours, mais il faudrait tester que nous n'obtenons pas toutes la même histoire...ah Emma qui brandit sa poele...hein que je t'ai fichu la trouille ?!! :-))