Passer l'hiver d'Olivier Adam

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passerlhiver.jpgEn attendant de me décider à lire, du même auteur, A l'abri de rien, j'ai emprunté à la biblio ce livre, Passer l'hiver, histoire d'avoir une idée du style d'Olivier Adam, dont je n'avais encore jamais rien lu.
J'ai lu ce livre, un recueil de nouvelles, d'une traite hier soir. Si je devais le décrire en le comparant à une chanson ( je sais c'est idiot, mais parfois plus "parlant " que les mots ), je dirais qu'il ressemble beaucoup à la chanson de Souchon Ultra moderne solitude. On peut se sentir extrêmement seul en étant entouré de proches, insensibles à notre souffrance intérieure, ce qui est, selon moi, la pire des solitudes. Dans ces nouvelles, tous les personnages sont seuls, paumés et en souffrance, et sur le point de basculer du mauvais côté de la vie. Les histoires se déroulent en hiver, mais un de ces hiver dont on se dit qu'on n'en verra jamais la fin, ce qui ajoute à la pesanteur de l'atmosphère, lourde, glaçante et boueuse comme nos villes, lorsqu'il y neige.
Je l'avoue, je n'étais pas dans le bon état d'esprit pour lire ce livre, un peu cafardeuse,la rentrée scolaire des Zados me fait toujours cet effet, et je l'ai trouvé trop sombre. Pas tant les histoires mais le manque d'espérance des personnages, leur descente inéluctable vers un futur pas réjouissant. Des histoires difficiles et pas d'espoir que ça aille mieux. Le style m'a rappelé un peu les romans de Philippe Djian, d'ailleurs on y retrouve les mêmes ingredients: solitude, la nuit, le sexe et l'alcool.
Ne vous fiez pas à mon impression, en cherchant ici ou là des avis sur ce livre, je m'aperçois que mon sentiment n'est pas partagé, je ne peux donc que vous inciter à vous faire votre propre opinion. Mais à déconseiller tout de même en cas de déprime, lorsqu'on ferme ce livre, on se retrouve face à nos propres interrogations...mais aprés tout, n'est pas cela le propre d'un bon livre? Celui qui nous fait faire face à nos émotions...

 

Mot de l'éditeur

" J'avais trop bu et Pialat était mort. J'avais appris ça dans la soirée. Les petites dormaient à l'étage. Après le repas je les avais bordées. J'avais eu un mal de chien à les laisser seules, là-haut, dans le noir de leur chambre, à m'arracher à leurs visages paisibles, leurs fronts pâles, leurs mains fines posées sur la couverture. "

Ils sont sonnés, lessivés, cassés. Un souffle suffirait à les faire tomber. Chauffeur de taxi, infirmière, ex-taulard ou vendeuse dans une station-service, peu importe : ils restent invaincus.

Avec ce recueil, Olivier Adam s'impose d'emblée comme un nouvelliste hors pair.

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pégase 06/09/2007 08:44

Je garde ce le carnet spécial, mais trop souvent d'humeur angoissée et sombre au coucher, si je veux me lever avec le sourire je vais sans doute lire en parallèle d'autre chose de plus léger.

corinne 31 06/09/2007 07:48

Olivier Adam, c est l auteur de "je vais bien ,ne t en fais pas" et de "falaises"; on ne peut pas dire que ce soit un petit rigolo...mais ses livres sont prenants et quand on commence, on veut la suite!
bonne lecture!

souricette 05/09/2007 14:54

chouette, je note !

gencat 05/09/2007 10:57

Euh... bon, je vais pas tenter alors, j'aurais trop l'impression de lire ma vie... ça risque de mal finir... :-p

lulusix 05/09/2007 10:34

merci MA!!!je me le garde pour un soir de déprime d'hiver...ça aide toujours à finalement retrouver le gout du petit bonheur du jour après...